Lacarry

Lakárri

Lacarry.

 

Le village de Lacarry - Arhan - Charitte de Haut (Lakarri-Arane-Sarrikotagaine) est divisé en trois bourgs, il est situé en Haute Soule, à 6km au Sud-ouest de Tardets.

La première mention connue de Lacarry est une donation à l'abbaye de Sauvelade par Aner Brasc de "Lachary" en 1178. La famille noble de Lacarry était un des dix potestats de Soule.

L'église Saint Etienne est superbe, le linteau du portail d'entrée porte la date de 1766, surmontée d'un IHS, il est décoré à ses extrémités, de deux étoiles à 5 branches.

Linteau du portail de l'église.

A l'intérieur, ses murs peints sont superbement décorés, et dans un très bon état de conservation. Les galeries sont très belles, mais commencent hélas à être sérieusement vermoulues...

Les galeries.

 Le retable représentant la lapidation de Saint Etienne est magnifique. Saint Etienne se tient à genoux et implore le ciel durant sa lapidation. On peut voir au-dessus de lui, un ange descendu du ciel, qui lui apporte une couronne. Saint Etienne est considéré comme le premier martyr de l'histoire du catholicisme.

Le choeur.Retable.

Sur le mur latéral Sud, on remarque une représentation polychrome de Dieu, tenant le monde dans sa main gauche.

Dieu...

A l'extrémité Sud de la place du fronton, on peut observer une superbe croix de pierre du XVIIème siècle.

Croix du XIIème.

Une étonnante stèle, semblant porter le nom de Michel, laisse deviner une date en chiffres arabes et romains. Au dessus du nom, elle comporte une représentation du soleil avec des rayons courbes, motif rare dans la région...

On trouve également quelques superbes clefs de voûte sur les maisons. En particulier en partie basse du village, l'une d'entre-elles, en forme de blason, est surmontée de fleurs de lis, et porte un IHS au dessus de l'inscription:

"MARIA IOSSEPh PIERIS GOIhENEX L'AN 1639"

... avec des "N" dont la bare centrale est inversée...

Superbe porte en partie basse du village.Très belle clef de voûte.Une autre clef de voûte, comprenant également un IHS, au coeur du village.


Une légende explique la présence du "Rocher de Roland", bloc  isolé de vingt mètres de hauteur, situé à 709m d'altitude sur le versant Nord de Bosmendiette.

Lorsque Charlemagne arriva avec Roland à la ville de Tardets, où commence la montée des Pyrénées, Roland voulut intimider les ennemis par un coup de vigueur: il monta jusqu'au sommet de la Madeleine, et, empoignant une grosse pierre, il prit position pour la lancer par-delà les montagnes sur les villages espagnols. Mais, pendant qu'il ramenait son bras en avant, son pied glissa sur la terre humide et la force du coup fut amortie. La pierre tomba en deçà des Pyrénées, sur le, territoire de Lacarry, à douze kilomètres de là, et y resta. Elle a conservé la marque des doigts de Roland.


Une autre légende raconte qu'à Lacarry, les Laminak avaient l'habitude de venir à la maison Bustanogia, or une nuit, une de ces Laminak vint trouver la maîtresse de maison parce que l'une d'entre elles était en train d'accoucher et comme elle avait quelques difficultés, elle avait besoin d'aide.
La femme lui répondit qu'elle acceptait de les aider à condition qu'elle avertisse son mari. Celui-ci dit à la Lamina : « Je veux bien que ma femme parte vous aider, mais ramenez-la moi exactement ici ».

La Lamina fit monter la femme sur ses épaules et la transporta dans un gouffre profond. La maîtresse de Bustanogia aida la Lamina à accoucher. Ensuite les Laminak lui offrirent à souper mais elles lui demandèrent de ne rien emporter chez elle. Cependant, devant la blancheur du pain des Laminak, la femme ne résista pas. Elle en cacha un morceau dans son corsage afin de le montrer chez elle.

A la fin du repas, les Laminak lui demandèrent ce qu'elle désirait en remerciement : un pot de miel ou un pot de beurre ? La femme répondit qu'elle préférait le beurre car il rendrait de meilleurs services que le miel. Les Laminak insistèrent pour qu'elle prenne le miel car il était bien meilleur. Mais la femme dit qu'elle préférait quand même le beurre. Alors les Laminak lui dirent : « Tu trouveras ta récompense, demain, dans ton armoire ! ». La Lamina voulut reprendre la femme sur ses épaules mais elle ne put la soulever...

« Tu as pris quelque chose d'ici ! »

« Non, je n'ai rien pris » répondit la femme.

« Oh que si ! »

Alors la femme lui montra le morceau de pain... « Tu dois le laisser ici, sans quoi je ne pourrai pas te ramener chez toi. »

La femme laissa le morceau de pain blanc et remonta sur les épaules de la Lamina. Elle retourna chez elle.

Le jour suivant, elle trouva dans l'armoire le pot de beurre plein d'argent.

Si elle avait choisi le pot de miel elle l'aurait trouvé rempli d'or...

Vous trouverez cette légende, et de nombreuses autres sur le site: http://jarailet.club.fr/html/mytho1.htm qui traite des personnages de la mythologie basque.

 

 

Pays Basque

Soule